J’aime à dire que le premier soin que l’on puisse s’apporter est de se relier à la terre.
C’est une connexion à notre essence même, celle de la nature, nous sommes la nature, inter dépendants avec les autres espèces vivantes. En permanence connectés nous vivons de façon hors-sol, déconnectés de la nature et de ses cycles biologiques. Se relier à la terre nous ramène à savoir d’où l’on vient et de quoi nous avons besoin. Des écrans pour manger ? Ou d’une plante pour son oxygène ? Elle aussi a besoin de nous et de nos déchets … Quelque soit l’espace dans lequel nous vivons et son environnement, nous sommes reliés à elles pour respirer, pour manger, se soigner, s’habiller, se protéger et tant d’usages. …. Nous sommes un tout.
Le jardin est au cœur d’un acte thérapeutique au fil des saisons. On prend soin de son jardin, on s’apporte un soin à le cultiver et vis versa ! Porter une attention aux plantes, comprendre leur fonctionnement, c’est regarder la vie et les mécanismes simples de défense, de communication, de survie, de reproduction de son espèce, de sexualité aussi, toutes ces lois naturelles qui nous ramènent à l’essentiel. Cultiver les plantes ou vivre avec, c’est une attention quotidienne qui nous extirpe de notre psyché et de nos préoccupations individualiste et matérialistes. Se protéger, collaborer avec le vivant, se nourrir, et dans cette immobilité spécifique du végétal, se reproduire en séduisant les auxiliaires indispensables, communiquer aussi, telle est la stratégie des plantes pour toujours laisser plus en santé le milieu dans lequel elles vivent….
Au jardin, en plus de faire un exercice physique régulier, on vide notre mental telle une pratique de méditation au grand air, on laisse voyager ses pensées le temps de préparer le sol, de semer, sarcler ou planter. Notre esprit se repose, notre corps se délie, on dépose à la terre notre charge….
J’aime à demander à mes proches, comment va ton jardin ? Il est le reflet de notre santé, de notre mental, agité, serein, perturbé, doux, exubérant ou serein. Parfois il est abandonné…
C’est pour cela qu’avant de parler de plantes médicinales, de plantes qui soignent et qui bien souvent sont enfermées dans une case ou dans un carré, je préfère parler du jardin et des plantes qui nous accompagnent comme premier soin. Regardons chaque espace, quel qu’il soit, un arbre isolé, une haie, une lisière, un bois, un plan d’eau, les massifs ornementaux et les parterres, au potager bien sûr, dans tous les milieux logent des types de végétaux différents qui nous apportent un soin. Arbre, arbustes, vivaces, annuelles et bisannuelles, légumes, spontanées, les plantes sont partout, tout autour de nous, pour différents usages. Nourriciers bien sûr, thérapeutiques, mais aussi protecteur pour tous les auxiliaires de vie dont nous avons besoin. Il suffit de changer notre regard, d’ouvrir notre vision et d’apercevoir les milles usages des plantes compagnes qui créent notre jardin.

De la terre à son propre terrain
Regarder son biotope, c’est comprendre la présence des plantes dans un milieu donné, la nature du sol, l’environnement proche et son état de santé. Les plantes spontanées en sont les grandes indicatrices (trop acide, trop basique, engorgé, asphyxié, trop azoté etc. etc.). Elles expriment un manque ou un besoin et sont aussi là pour le rééquilibrer. Habitant nous aussi de ce milieu, notre organisme reçoit les mêmes influences climatiques, environnementale, les mêmes conditions d’hygrométrie, de température, de vent, de qualité de l’air et aussi ondes vibratoires et énergétiques de la roche –mère, des cours d’eau et de tout ce qui compose le sous-sol. Tous les composants du biotope dans lequel on habite influencent notre milieu intérieur.
Ainsi, si certaines plantes rééquilibrent ce milieu, pourquoi ne serait-elle pas les plus adaptées pour soigner nos troubles ? Elles sont aussi là pour nos besoins.
Les plantes présentes chez soi ne sont pas là par hasard, si elles aident à l’équilibre du biotope, ce seront les meilleures pour soigner les habitants qui y gîtent, humain y compris… Au vu de l’immense panel de plantes à usage médicinal et tous ses bienfaits , il est toujours compliqué de choisir celle qu’il nous faut, si ce n’est de l’expérimenter. Je suis convaincue que celles qui vivent avec nous et nous accompagnent seront les plus efficaces.
Créer son jardin médicinal, c’est choisir les plantes dont nous avons besoin en fonction de l’environnement, du climat, des différents biotopes, de la nature du sol, des plantes déjà existantes et indicatrices et bien sûr de nos besoins thérapeutiques et nourriciers. C’est surtout vivre avec les plantes…



