Premiers pas avec des plantes médicinales à cultiver

Rencontre avec des plantes médicinales à cultiver sans complexe au balcon !

Pour ceux « qui n’ont pas la main verte », ou se disent ne pas l’avoir, ou ne pas « avoir le temps pour », pour ceux qui n’ont pas de jardin, pour ceux qui n’osent pas faire le premier pas, pour ceux qui aiment les plantes et désirent les inviter chez soi, pour s’initier à leurs bienfaits sans complexité ni appréhension, pour orner une cour, une terrasse, un balcon, ou quelques pots, avec des gestes simples, un peu d’attention, peu d’efforts, et du bon sens, voici une sélection de plantes peu exigeantes (presque autonomes !) pour apprendre à les cultiver de façon simple, pour donner envie d’expérimenter la relation avec le végétal et surtout pour se faire du bien !

Toutes ces plantes sont inscrites à la pharmacopée européenne et disposent d’une monographie de contrôle, elles sont sélectionnées en fonction de la partie de la plante à récolter pour leurs bienfaits thérapeutiques mais pas que ! Ces plantes compagnes nous protègent, réjouissent nos sens et nous nourrissent, que d’usages à explorer!

Laissez-vous apprivoiser par leurs soins (en donnant un tout petit peu de soi) et n’oublions pas que nous portons en nous et dans notre mémoire collective le naturel de la cueilleuse ou du cueilleur depuis plusieurs milliers d’années ! Il revient vite quand il s’agit de s’y reconnecter.
Alors si l’urbanisation ne cesse de s’étendre, grignotant au passage la terre nourricière de la de notre planète, n’hésitons pas à « re-végétaliser » ces espaces citadins quel que soit la surface disponible! Chaque petit geste a son impact environnemental et écologique dans ces milieux perturbés, bétonnés, pollués, voire asphyxiés. Implanter quelques plantes sur un balcon, une terrasse ou dans une cour, c’est ramener du vivant et de l’oxygène, c’est protéger la diversité et nourrir la faune auxiliaire présente aussi en ville !
Bien sûr l’exposition de votre espace et les supports de culture vont déterminer le choix des espèces, sans oublier les précautions à prendre pour le bien-être de tous.

Des feuilles pour habiller, occulter ou ombrager!

Plante d’ombre comme de lumière, le lierre commun (Hedera helix), est vivace persistant et rustique, indifférent au type de sol donc de substrat, c’est une plante « ressource » pour les oiseaux et les abeilles avec son pollen et ses baies. En s’accrochant sur tout support, tombant d’une jardinière, grimpant le long d’un garde-corps ou rampant pour couvrir le sol, ses feuilles se récoltent quasiment toute l’année pour le bien-être de nos voies respiratoires. C’est un expectorant de choix à consommer en infusion mais pas que, plante tinctoriale, en usage externe, pour foncer les cheveux, en cataplasme ou bains pour les rhumatismes…U arrosage par semaine suffit !
Et pourquoi pas une vigne, Vitis vinifera, sur un mur ou une treille, au soleil, à cultiver pour ses feuilles rouges récoltées à l’automne pour la circulation sanguine, ou un olivier, Olea europea, en pot, dont les feuilles agissent contre l’hypertension. Et dans les coins d’ombre, la petite pervenche, Vinca minor, en couvre-sol colorée de bleu vous offrira ses feuilles toute l’année pour un bienfait sur notre circulation cérébrale !

Des fleurs pour réjouir nos yeux et nos cœurs !

La capucine, Tropaeolum majus, plante annuelle aux couleurs de feu et d’aurore, nous offre ses feuilles à déguster crues ou cuites ainsi que ses boutons floraux en condiment, et ses fleurs, stars de la cosmétologie  pour des soins du corps et de la peau. Récoltées de l’été aux gelées, puis séchées, elles soulageront les affections dermatologiques telles que les brûlures, les érythèmes fessiers et solaires ou les troubles capillaires. Antifongique, antibactérienne, tonique, excitante (d’où son nom de fleur de l’amour…), elle riche en vitamine C et recommandée aussi pour les troubles de la sphère respiratoire. Facile à cultiver au soleil, en jardinière ou en pot, maintenez un arrosage régulier tout l’été pour l’abondance de sa floraison.
En hiver pensez à la pensée sauvage, Viola tricolor, qui vous enchantera avec ses délicates fleurs comestibles, qui sans entretien, assure une détox des reins et du foie pour les bienfaits de la peau. En été, le pavot de Californie, Eschscholzia californica, illuminera votre espace, même dans l’interstice d’un mûr. Antidouleur, c’est aussi l’un des meilleurs inducteurs de sommeil.

Des fruits rouges pour les gourmands…

Le fraisier, Fragaria sp., comme le framboisier, Rubus idaeus, sont des cultures idéales à conduire en contenants, le fraisier pour la mi- ombre et le framboisier au soleil! Les fruits de ces deux plantes ont les mêmes vertus dépuratives et diurétiques. Les fruits et les feuilles du fraisier contiennent de la vitamine C, des minéraux, du fer et de l’acide salicylique ce qui en fait un bon analgésique, anti-inflammatoire et reconstituant. Les fruits du framboisier sont tout aussi revitalisants pour les défenses immunitaires et ses feuilles agissent sur la sphère gynécologique, bien connue comme plante compagne de la femme enceinte.

Des exotiques pour voyager !

Arbuste méditerranéen persistant à la floraison a

bondante et aromatique, le petit grain bigaradier, Citrus aurantium, ou orange amère est un de ces citrons qui nous font tous rêver de récolter chez soi ! Une fois installé en pot, ses feuilles et ses fleurs séchées consommées en infusion vous aideront à mieux dormir. Sédatif, anxiolytique, inducteur du sommeil et hypnotique léger, détente et relaxation assurée au balcon ! Ecorce, zeste, tout est médicinal dans l’orange amère, attention néanmoins à ses épines en lui choisissant une place à l’abri des courants d’air et à l’intérieur en période de gelées trop longue (rustique jusqu’à -8°C).
S’il y a bien une plante adaptée pour une culture en pot, c’est l’aloe des Barbades, Aloe vera. Peu rustique, cette frileuse des hémisphères Sud ne demandera qu’à être hiverner au chaud à la maison, et dehors à être placée à la mi ombre avec un arrosage minimal. Très peu d’eau suffira pour développer ses magnifiques bractées dont on prélève le gel toute l’année pour ses vertus en cosmétologie et dermatologie, son pouvoir antioxydant et ses effets sur la sphère gastro-intestinale…

Des graines à récolter

Le fenouil aromatique, Foeniculum vulgare, (vivace non persistante), plante endémique du sud bien naturalisée dans nos climats tempérés, vous comblera par les charmes graphiques de ses belles ombellifères et ses parfums anisés. Il fera le bonheur des indispensables compagnons de cultures et le nôtre en cas d’inconfort digestif. Ses graines à récolter sèches sur pied de septembre à novembre sont carminatives et stomachiques en cas d’aérophagie, de ballonnements ou de nausées. Plante pour les femmes, il est galactogène et en cataplasme il soulage les inflammations et les engorgements des seins. De plus il ne nécessite aucun arrosage ni entretien et ne manquera pas de s’essaimer à tout va si il se plaît !
Pour les plus aventureux, laisser vous tenter par des arbustes cultivés en gros conteneurs avec des oyas (pour le système d’irrigation) comme le poivrier du Sichuan, Zanthoxylum piperitum, pour récolter le péricarpe de la graine aux effets stimulant pour la digestion mais aussi antalgique, antioxydant et dépuratif. Moins connu pour ses usages mais tellement présent comme arbuste d’ornement, le gattilier, Vitex agnus-castus, dit poivre des moines, vous offrira des graines culinaires et médicinales ! Sans oublier celles de la coriandre une plante domestique universelle appréciée autant en cuisine que pour ses vertus digestive, anti-infectieuse, antivirale, antifongique, antibactérienne, antiparasitaire, stimulante, revitalisante, euphorisante, diurétique, pour n’en citer que quelque unes !

Des essences pour parfumer…

Beaucoup des plantes méditerranéennes portent en elles la robustesse de leur climat, la force et la capacité d’adaptation à des milieux rudes, arides et chauds, synthétisant pour se protéger des substances comme les huiles essentielles car avant de nous être bienveillantes, ces essences aromatiques le sont pour les plantes elles-mêmes, se protégeant de la chaleur par l’évaporation rafraichissante de ces dernières ! Des espèces à privilégier pour les distraits qui oublieraient l’arrosage ! Thym, Thymus vulgare, lavande, Lavandula angustifolia, origan, Origanum vulgare, les classiques et incontournables parfums du Sud pour ravir nos papilles! Si le romarin, Salvia Rosmarinus, est capable de s’épanouir sur du caillou, il est par ailleurs l’antioxydant le plus puissant du monde végétal en plus de ses propriétés détoxifiante du foie et relaxante sur la sphère respiratoire…

Et pourquoi pas des légumes !

Patate douce, courge, haricot, pourpier, osons la diversité avec des plantes nourricières aux usages thérapeutiques, du moment que cela ne vienne pas enquiquiner le voisin… Petit focus sur le piment, Capsicum frutescens, moins exubérant et moins coureur que ses compères précédemment cités, cultivé pour ses fruits. Une jardinière, de la chaleur et des arrosages réguliers suffiront pour combler cette plante du soleil. Anesthésiant local hyperpuissant, détoxifiant gastro-intestinal, antiseptique, réchauffant, il est bon pour la circulation sanguine et les maux de gorge, entre autres !

Encore plus de choix, plus de couleurs, plus de diversité dans mon guide « Plantes médicinales au balcon », aux Editions Rustica, que j’ai co-écrit avec Xavier Mathias, auteur, professeur de maraîchage sur sol vivant et formateur en agroécologie et permaculture.

 

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