Ma découverte de la syntropie – 2

Les perturbateurs ou la perturbation au service du vivant : la masse animale au service des plantes !

Plus les conditions sont extrêmes, plus les plantes sont résistantes et ont peu de besoins, elles sont alors en interactions avec de minuscules animaux qui gitent dans des petits creux ou des petits nids dans lesquels vient s’accumuler un peu de biomasse. Les arbres dans leur système d’abondance ont besoins des grands herbivores, des carnivores….

Les stratégies mises en place par le végétal pour leur adaptation, leur survie et leur reproduction utilisent la masse animale, indispensable à leur croissance, à leur reproduction, et à leur défense, créant ainsi une collaboration systématique et essentielle.

L’animal est la plus grande conquête du végétal ! Francis Halle.

Cette collaboration ou plutôt l’usage des animaux par les plantes a entrainé une multiplication de nombreuses variétés végétales. Petit exemple concret, la bardane avec ses légendaires boules piquantes, à l’origine de l’invention du velcro, a déployé cette stratégie pour que ses fruits (contenant les graines) s’accrochent et soient transportés par les gros animaux pour s’implantér au plus loin (dans le souci de conservation de l’espèce) …

Francis Hallé nous partage sa definition : « est intelligent tout être vivant qui parvient à résoudre les problèmes qu’il rencontre au cours de sa vie. Cela repose sur deux aptitudes, savoir apprendre et savoir garder en mémoire ce qui a été appris pour l’utiliser par la suite. »

Ainsi, chaque vie dépend de la vie des autres, nous sommes un ensemble de composants en interactions et coévolution, chaque composant étant lui-même composé….

Les perturbations météorologiques, le vent, les orages, la neige, font tomber les branches des arbres au sol qui apportent la matière organique et fertilisent naturellement le sol. Les animaux par leurs mouvements créent aussi une remarquable perturbation nécessaire à la production de biomasse1. Même les cataclysmes ou catastrophes naturelles ont généré un saut de relance du vivant, exemple de la colonisation des plantes à Tchernobyl après la pollution nucléaire.

Alors imaginons à l’époque des dinosaures quand les forêts et la taille des végétaux étaient à l’échelle des animaux en interaction….

Plus le végétal est « perturbé », plus il y a de décomposition, plus il y a de biomasse disponible, mais aussi davantage de lumière, des signaux d’information pour les champignons présents dans le sol « Faut que ça pousse », plus de photosynthèse et plus de résistance aux ravageurs et maladies, plus de résilience.

Plus nous perturbons, plus nous fertilisons les sols, plus ça pousse, c’est notre rôle, celui des animaux !

A condition bien sûr de créer une densification du végétal, aucun n’espace ne doit être vide, sinon c’est le début d’une désertification…

Nous avons perdu 85% de la masse animale sur terre, exterminée par l’action de l’homme, monocultures, mécanisation, produits chimiques de synthèse, urbanisation etc.

L’homme est le seul animal qui se comporte en prédateur, le seul qui détruit au lieu de perturber….

A quoi pouvons-nous donc bien servir ? Vers où voulons nous aller ? Que pouvons-nous faire ? Sommes-nous une prochaine espèce animale en voie d’extinction, éradiquée par nous –même ?

 

La mort, composant du système vivant…

La décomposition des végétaux au sol est un élément indispensable à la fertilité de la terre pour la croissance des plantes. Prenons l’exemple de la consoude, avec ses racines allant jusqu’à 2 m de profondeur, elle est une des rares plantes à aller chercher des minéraux dont le calcium, la potasse et le bore en plus des vitamines qu’elle contient. En tant que vivace non persistante, sa décomposition annuelle enrichit le sol et nourrit les autres plantes compagnes, permettant même l’arrivée d’autres plantes. La mélisse, par sa constitution est d’un excellent rapport carbone sur azote,une fois taillée et reposée au sol, nous obtenons un paillage de luxe. Laissons le foin et la paille aux animaux, plantons des bordures densifiées de mélisse, de consoude, de sauge ou encore d’hélycrise dont le seul but est de créer une biomasse. En syntropie, on plante des cassissiers, des framboisiers, des glycines, des amélanchiers au potager ! L’objectif est d’atteindre un sol non pas équilibré mais mature. Densification des vivaces pérennes sur les bordures, implantations d’arbustes dans les cultures annuelles ; aie, aie, aie ! ça se complique ! Choisir le meilleur emplacement, penser à l’exposition, au cycle de la plante, à sa hauteur afin de lui attribuer son rôle pour les autres.

« Le vivant doit être notre professeur absolu. »

Je n’aborderai pas les notions de strates, d’ombrage, et d’eau, ce serait trop long…..

La suite la semaine prochaine…

1 Elle remonte à la découverte du feu à la préhistoire. Décomposition et combustion de matières organiques (bois, végétaux, déchets agricoles ou ordures ménagères organiques) ou du biogaz issu de la fermentation de ces matières

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